Coté SUD n°38

Juin 2015
mardi 2 juin 2015
par  Fédération Sud CT

À LIRE D’URGENCE DANS CE NUMÉRO

- P. 2 : Ils se sont mobilisés
- P. 3-4 : Bon à savoir
- P. 5-8 : « Citoyennes et citoyens du monde »

Éditorial : Un gouvernement converti au libéralisme économique

La vague ultralibérale qui a ravagé les économies de plusieurs pays, de l’Angleterre des années 80 à la Grèce de nos jours, prend une ampleur inégalée dans notre pays.

Les lois Macron occupent une place importante dans ce dispositif. Elles organisent la casse du code du travail, des droits sociaux et le transfert des richesses du monde du travail vers les actionnaires.

Le 49-3 imposé par M. Valls n’aura été salué que par les plus libéraux de la majorité et surtout par le MEDEF, dont le patron en chef, M. Gattaz aura fait cette déclaration lumineuse : « la loi Macron va
globalement dans le bon sens même si ce n’est pas le grand matin libéral (...) c’est une aurore ».

Cette loi n’est pas la seule à souffler sur les braises de la révolution néolibérale. La loi NOTRe (Nouvelle Organisation Territoriale de la République) portée par la ministre Mme Lebranchu est l’une des armes contre les services publics locaux avec en toile de fond la recherche de 11 milliards d’économie.


Dans ce texte, tout est fait pour perdre le commun des mortels et le débat est resté limité entre les parlementaires et les différents lobbies intéressés au partage du gâteau.


Dans l’état actuel du texte (cet édito a été rédigé avant le vote définitif), les lobbies patronaux vont être bien servis. Par exemple, le passage au seuil minimum de 20 000 habitants (5000 actuellement) pour constituer une communauté de commune et le transfert obligatoire des services de l’eau et de l’assainissement vers ces communautés de commune constituent une aubaine pour Veolia.

D’une situation peu rentable pour le secteur privé, cette concentration devient très attractive.

Ce cadeau n’est pas le seul. La transformation des maisons des services publics en maisons des services AU
public constitue une énorme atteinte aux services publics. Cette mesure, conforme à la politique libérale des institutions européennes fera cohabiter, par exemple, dans les mêmes locaux, avec du personnel mutualisé, les services des impôts, des départements, des communautés de communes et de Veolia ou GDF-Suez !

La cerise sur le gâteau est la régionalisation des aides au patronat petit ou grand (surtout le grand). Le terme « aide au patronat » n’est pas employé par nos élites qui savent pratiquer une langue de bois high-tech. Pour eux, il s’agit des « interventions économiques sur le territoire ». Avec la consécration des Régions comme chefs incontestés, le gouvernement va faire des couples Régions/actionnaires, les nouveaux barons qui feront trimer le bas peuple, agents territoriaux compris.

Enfin, le renforcement des métropoles par de nouvelles compétences des Départements, dans le social, les routes et éventuellement les collèges, même si une partie de ces transferts seront facultatives, parachèvera la concentration des richesses dans les villes, laissant les zones rurales se débrouiller comme elles peuvent.

Ces politiques ne se feront pas sans casse pour les agents territoriaux. Les mutualisations, les rationalisations de service, les privatisations sont autant d’armes pour supprimer de l’emploi public avec comme première cible les contractuels, variable d’ajustement sacrifiés sur l’autel de l’austérité budgétaire.

Bref, en voyant ce gouvernement, on a envie d’appeler un exorciste et de faire sortir du corps de Lebranchu, Macron, Valls et Hollande, les fantômes de Thatcher et de Reagan. Mais comme chez SUD on ne croit pas à l’exorcisme, on préfère lancer un message simple :


SEULE LA LUTTE PAIE !


Documents joints

Coté SUD n°38 juin 2015

Annonces

Appels à la grève

Communiqué Solidaires - Préavis de grève

Solidarité avec les travailleur-euses de Guyane !

L’Union syndicale Solidaires apporte son soutien à la grève générale en Guyane, votée notamment par les syndicats de l’UGT.

La mobilisation ne cesse de grossir depuis une semaine et s’est étendue dans de très nombreux secteurs.

Elle résulte, comme dans beaucoup de DOM et territoires ultra-marins, d’une situation économique et sociale délétère. Plusieurs facteurs peuvent l’expliquer : un abandon de l’État se comportant parfois comme aux temps des colonies, une violence sociale sans précédent du système capitaliste qui laisse des milliers de jeunes et une grande partie de la population, sans travail, et de paysans et paysannes sans terre.

Lire le communiqué sur le site de SOLIDAIRES
Le préavis de grève