Main dans la main, l’État et les départements piétinent la solidarité

samedi 25 novembre 2017
par  Fédération Sud CT

Les mois de novembre et décembre annoncent, dans les collectivités territoriales les présentations des rapports d’orientations budgétaires et leurs votes.
Sous prétexte d’austérité imposée par le gouvernement, les exécutifs locaux font payer la note aux populations. De leur côté, les Départements en profitent pour piétiner les solidarités en opposant les populations entre elles. Ils justifient la baisse des moyens du service public par la charge insoutenable que représenteraient les bénéficiaires du RSA, les enfants sans-papier, les pauvres, etc.
C’est dernièrement le cas des deux plus grands Départements de France, la Seine Saint Denis et le Nord, qui se désengagent de manière totalement assumée, les propos nauséabonds en plus, de leur mission première qu’est la solidarité et l’action sociale.

Des propos nauséabonds et des décisions infâmes !

Jeudi 9 novembre 2017, l’assemblée départementale de la Seine St Denis a voté

Paradise papers

le refus de versement du revenu de Solidarité active (RSA) à plus de 100 000 allocataires pour décembre 2017. Il poursuit ainsi l’œuvre de son prédécesseur, Claude Bartolone, qui avait, lui, en son temps refusé de poursuivre l’accueil des Mineurs non-accompagnés (MNA acronyme bureaucratique pour qualifier les enfants sans papier).

S’attaquant, lui, déjà aux allocataires du RSA depuis 2 ans (plus de 20.000 sanctions financières avec pour certainEs la suppression totale de l’allocation), le 13 novembre, à l’assemblée départementale du Nord, son président, Jean-René Lecerf, devant une assemblée passive et muette, déclare que « des jeunes nordistes qui devraient être protégés ne le sont pas du fait de la prise en charge des MNA ».

Mais il n’en reste pas là ! Sans aucun complexe, il franchit une ligne jaune, il déclare textuellement soutenir les propos de Le Pen à Calais exigeant de mettre fin à la

euh... Enfant ?

présomption de minorité (c’est-à-dire suspecter tout mineur de fraude). Il est d’ailleurs fier de ses propos lorsqu’il qualifie ces enfants et jeunes de « mijeurs ».

Il renchérit en défendant le fichage des enfants sans-papier (c’est-à-dire un fichier ethnique) et souhaite voir modifier les règles législatives concernant les MNA (la loi protège les mineurs quels que soient leurs origines et leur conditions) parce que « les juges, dans l’ensemble, appliquent la loi » (sic).

En faisant cela, ces Départements font sortir ces enfants du statut de mineurs et donc du champ de l’aide sociale à l’enfance. C’est très grave ! Ils refusent d’appliquer leur obligation de protection de l’enfance. Ils trient les enfants entre eux.
Ces déclarations risquent encore d’alimenter les discours les plus réactionnaires et d’entraîner de nouveau refus d’accueil, laissant encore plus de jeunes à la rue (comme dans les Alpes Maritimes).

Des collectivités aux mains de fossoyeurs du service public

Que l’Etat se décharge de ses obligations est une évidence. Notre fédération ne cesse de dénoncer l’austérité budgétaire qui s’abat entre autres sur les services publics locaux.
Nous constatons que, loin de créer une dynamique de mobilisation pour leur

On a déjà la richesse

défense, les élu.e.s, après quelques gesticulations, se chargent du sale travail : contrôle accru des plus pauvres, diminution des subventions aux associations, relai du discours nauséabond sur les soi-disant fraudeurs.

Ces décisions et propos des Conseils Départementaux de Seine St Denis et du Nord ouvrent-ils le bal des décisions infâmes ?
On peut le craindre puisqu’ils sont dans la droite ligne des déclarations de l’Assemblée des Départements de France réunie en octobre 2017 à Marseille.

Le scandale, c’est que face à la politique inégalitaire de l’Etat, les Conseils Départementaux saisissent l’aubaine pour attaquer les droits sociaux des plus démunis.
Cela n’aurait-il pas plutôt dû donner lieu à une mobilisation d’ampleur pour sauver les missions de service public de l’action sociale ?

Derrière ce désaccord de façade, le gouvernement et ces exécutifs locaux partagent l’obsession de la dépense publique et la même idéologie visant à la marchandisation de l’action publique.

Nous seul.e.s pouvons réagir !

Nous ne pouvons pas laisser se dérouler cette comédie entre l’État et les collectivités.

La fédération SUD CT exige de l’État qu’il augmente la dotation aux collectivités, qu’il compense les augmentations de budgets liés à l’action sociale.

Mais en même temps, nous dénonçons toutes les mesures des collectivités qui font payer aux plus faibles d’entre nous, le coût de l’austérité budgétaire.
Et à ce propos, si les finances sont autant en péril, nous proposons à nos élu.e.s de commencer à suspendre … leurs propres rémunérations.

Le gouvernement et ces éluEs locaux ont pris en otage notre bien commun !
Nous ne pouvons donc compter sur eux. La mobilisation d’ampleur nécessaire pour sauver les missions de service public de l’action sociale ne dépend que de nous !

Main dans la main, l’État et les départements piétinent la solidarité

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Annonces

Dossier spécial retraite

Rien n’est joué, nous exigeons le retrait !

Quoi qu’en disent les médias, les dernières mobilisations ont été trés importantes, que ce soient les taux de grévistes, dans les manifestations, dans les initiatives locales de convivialité, d’information et de blocage. Malgré la propagande du gouverne-ment, et des médias à sa botte, la population reste très majoritairement opposée à cette réforme des retraites par point.Retour ligne automatique
En effet, tout le monde l’a bien compris, cette réforme vise à nous faire travailler plus longtemps, à gagner moins, à amener celles et ceux qui le pourront à se payer des assurances privées (Black Rock...), à casser les solidarités entre les générations. L’exemple suédois, où cette réforme a été appliquée, est très éclairant avec des baisses de pensions importantes.
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Grève et mobilisation les 9, 10 et 11 janvier

organisons des journées mortes dans les mairies, départements, régions
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Caisses de grève

Notre premier moyen de gagner, c’est la lutte, c’est rejoindre les secteurs en grève reconductible, se mettre en grève !
Pour autant, des camarades ne peuvent faire grève, parce qu’ayant le statut d’indépendant-es, retraité-es, sans emplois...
Pour ceux et celles dans ce cas et qui veulent et peuvent soutenir la lutte par cet autre moyen, voici les infos de caisses de grèves et pot de soutien des syndicats de Solidaires.
Ces informations seront mises à jour régulièrement.
Sur le site de SOLIDAIRES

PLUTÔT UN MOIS DE GALÈRE QUE DES ANNÉES DE MISÈRE !!

Alors que les retraites des territoriaux sont déjà parmi les plus faibles (1174 euros brut en moyenne, source DGFIP), le projet Macron-Delevoye va les faire plonger encore davantage !
Avec la réforme, la retraite moyenne sera de 1000 euros
Le minimum vieillesse pour toutes et tous, c’est ça le système universel ?

Pour éviter la pauvreté demain, la grève aujourd’hui !
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Communiqué de SUD Collectivités territoriale suite à la grève générale du 5 décembre :

NI AMENDABLE, NI NEGOCIABLE RETRAIT DU PROJET DE REFORME DES RETRAITES

Cette journée de grève générale du 5 décembre, sans précédent depuis plusieurs années, a réuni plus d’1 million 400 000 manifestant.es.
Dès aujourd’hui, plusieurs secteurs du public et du privé (SNCF, Éducation, RATP...) ont voté dans leurs AG la reconduction de la grève.
Dans plusieurs collectivités, des services sont en grève reconductible comme à Marseille ou Toulouse.

Le gouvernement ne peut plus ignorer l’ampleur de cette mobilisation qui marque le refus total de cette contre-réforme des retraites qui ne peut-être ni amendée ni négociée.
Mais cette journée du 5 n’est qu’une première étape. Seule une forte mobilisation fera reculer Emmanuel Macron et son gouvernement.
La fédération SUD CT appelle les agent.es territoriaux à rejoindre massivement le mouvement de grève reconductible impulsé par les cheminots, la RATP, l’Éducation, les raffineries...

Pour organiser la grève dans nos lieux de travail nous appelons à organiser des as- semblées générales unitaires avec la CGT FO la FSU.
Nous appelons tous les secteurs à converger et à amplifier les manifestations du 10 décembre pour exiger le retrait pur et simple du projet d’une retraite par point.

Le 6 décembre 2019
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Préavis de grève journalier du 1er au 31 janvier

Sous un prétexte de simplification, le gouvernement tente de mettre en place la réforme des retraites avec un système à points. En fait, il a pour objectif de nous faire travailler plus longtemps et de diminuer le montant des pensions. Notre système de retraite actuel doit être amélioré. Ce qui signifie : gagner de nos nouveaux droits. C’est la question de la répartition des richesses qui est centrale, à l’heure où les distributions de dividendes et les exonérations de cotisations sociales battent des records.
Retrouvez l’ensemble de nos prévis de grève pour la période du 1er au 31 janvier en cliquant ici

Comprendre la réforme des retraites en 7 Minutes - notre vidéo

Retraites : arnaque et double peine !

Avec Annie et Karim voyez comment nos retraites ET nos salaires vont baisser !

Retraites : La situation des femmes va s’aggraver !

Dossier "retraites" de la fédération SUD CT - affiches, tracts, etc.

Voir aussi le dossier de SOLIDAIRES