La lutte contre toutes formes de discriminations au CD54 ?

dimanche 12 septembre 2021
par  Fédération Sud CT

APRÈS SABINE, C’EST LE TOUR DE JEAN-CLAUDE…

Sabine est toujours en attente d’une décision de la CNRACL concernant sa mise en retraite pour invalidité, à l’âge de 47 ans. Agente d’entretien, suite à de gros problèmes de santé, elle a demandé un reclassement dans le cadre d’emploi des adjoints administratifs. Au terme de quelques immersions et de très courtes périodes de sensibilisation aux outils informatiques et à l’accueil téléphonique, l’administration a jugé qu’elle ne pourrait jamais avoir les bases nécessaires à un reclassement dans la filière administrative.

Invalide Sabine ? Ben voyons !!! Mais on ne fait plus dans la dentelle au conseil départemental 54 : les agent.e.s en situation de reclassement doivent être immédiatement opérationnel.le.s.

Sinon : viré.e.s !

Jean-Claude, tout le monde le connait, ou presque. Il est dans la boutique depuis 37 ans et, depuis 2010, au service du protocole. Souriant, serviable, toujours à « tu et à
toi » avec tout le monde, collègues, responsables, directeur. trice.s, élu.e.s, il aimait le contact, même si les codes de bonne distanciation sociale lui étaient étrangers.

Cela fait partie des séquelles d’un grave traumatisme crânien quand il était enfant. Déclaré à l’époque en mort cérébrale, Jean-Claude a dû se battre pour réapprendre
à parler, à marcher, à entrer en relation avec les autres. Il lui reste quelques séquelles et, parmi elles, une hypersensibilité (des choses prennent une importance pour lui alors que ça n’en a pas pour d’autres) et une difficulté à comprendre le second degré. Et quand il ne comprend pas quelque chose, « ça tourne en boucle » dans sa tête. Il peut alors poser éternellement la même question.

Certain.e.s considèrent Jean-Claude comme le simplet de service, ce qu’il n’est pas, loin s’en faut. Nous avons, à plusieurs reprises durant ces 37 ans, dénoncé des attitudes et comportements humiliants à son égard. En 2013, un organisme extérieur a été chargé de faire une étude en situation professionnelle afin de faire des préconisations pour que ça aille mieux dans le service : aucune d’entre elles, notamment celles qui portaient sur l’accompagnement managérial, n’a été suivie d’effet.

Août 2019, il y a l’incident de trop. Son responsable lui hurle dessus en lui tenant des propos humiliants.

Burn-out pour Jean-Claude. Son hypersensibilité en a pris un sale coup. Il ne pouvait pas tomber plus bas… c’était sans compter sur l’acharnement de notre administration.

Au bout de 37 ans d’activité, l’administration certifie avoir fait tout ce qu’elle pouvait pour adapter le travail au handicap de Jean-Claude, accusé désormais d’entretenir des relations déplorables avec ses collègues et ses responsables. Il n’y aurait plus aucune
possibilité d’emploi au sein de la collectivité. La seule alternative qui lui est proposée est un emploi en « insertion » dans une association ou une structure partenaire du conseil départemental.

Lui interdire l’accès à son emploi, ne rien lui proposer comme alternative au sein du conseil départemental, le contraindre à accepter un emploi en dehors de la collectivité, c’est totalement illégal. Le pire, c’est que l’administration assure que tout ça, c’est pour son bien…

Sabine hier, Jean-Claude aujourd’hui…

Et demain ? A qui le tour ?


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